Rèves transcrits
Abel Gourion est mon père. Peu de temps avant sa mort, dans les années 72-73, il me confia ses carnets. Il avait 80 ans et sentait qu'il partirait, un jour, pas si lointain sans doute. Avec ce mélange très particulier de pudeur, d'affection et d'humour qui le caractérisait, il me dit d'en faire ce que je jugerais bon. Jamais je n'avais lu ses textes. Ils étaient toujours soigneusement enfermés à clef dans un petit meuble, près de son fauteuil, et personne n'aurait même songé à en violer les secrets jalousement protégés.
Dans ses nombreux carnets, qui sont pour moi le plus precieux des legs, je trouvais, post mortem, ce que mon géniteur avait couché sur le papier pendant des dizaines d'années. Je pris trois semaines de congé pour plonger dans cette précieuse mémoire qu'il avait pris la peine d'écrire. Pour qui ? Pour quoi ? Oui, pourquoi écrit-on, si ce n'est pour se survivre ? J'y trouvais des rèves, dont j'entreprends aujourd'hui la publication. Des poèmes. Un journal intime. Des écrits mystiques.
Qu'Internet permette aujourd'hui de faire connaître son travail, voilà un juste retour de la technologie moderne à un homme d'un autre siècle. Il était né à Renault (Algérie), en 1893.
Voici ses rèves, tels qu'il les manuscrit, quand il se levait très tot, dans le calme et le secret de la nuit algérienne. J'ai rajouté quelques photographies, souligné les mots-thèmes du rève, et mis en note de bas de page explications et références pour une première compréhension, choisi un titre en fonction du contenu. Ben.
(10)1942 Pommes poires et bêtes
(18) 1951 Grand Prêtre de Jérusalem
(20) 1953-1 Des Fleurs à ma Mère
(29) 1955-6 Le Cheick de Mostaganem
(30) 1955-7 Femme Enfant
(31) 1955-8 Barouk et Jacques
(32) 1955-9 Autodafé
(33) 1955-10 Mysticisme et Occultisme
(34) 1955-11 Israël
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