photo A Gourion modèle V Magne
Yasmina Reza(1) a écrit un livre sur Nicolas. Elle ne dit son prénom qu'à la page 18, avant elle n'arrivait pas à le nommer. Elle ne dira son nom de famille qu'à la page
29. C'est Sarkozy. Le regard de l'écrivain se défends de la séduction. C'est elle qui le dit.
Elle parvient à écrire comme parlerait une fillette réveuse de douze ans. Elle ne mets pas de "que"
"Plusieurs fois je l'ai entendu dire, quand
j'en aurais fini avec l'ambition."
Et de l'ambition, elle en a, littéraire elle, quand le sujet qu'elle observe s'y nourrit, mais politique, lui.

Elle ne mets pas de "ne" non plus :
"il faut redire avant que les choses s'évaporent"
Elle a monté son livre comme on monte un film : des bouts de confidences et d'entretiens sincères ou feints choppés au détour des multiples rencontres que fait le candidat à la
présidence, des flashes, des pensées éparses, des citations qui affleurent.
De Jorge Luis Borges par exemple :
"Nôtres sont les femmes qui nous ont laissés, étrangers enfin à
l'attente, qui est angoisse, et aux alarmes et aux terreurs de l'espérance."
Son travail n'est pas un roman, c'est un poème en prose sur les gens de pouvoir. Les poètes, écrit-elle, ont le privilège d'obéir à des lois intempestives, qui ne requierent ni logique, ni suivi
apparent. Ces lois servent une vérité que toute explication trahirait. Elle use de cette liberté.
C'est réussi, avec le talent de sa plume et l'art de sa manière.
Son regard est à la fois affectueux (Sarko serait un enfant !), sobre et fourmillant de petites cruautés. Féminin en diable.
Diable...Je m'avance dangereusement.
On y voit une gallerie de portraits de people (de Glucksmann à Clavier en passant par Barak Obama, de Rachida Dati à Abdelaziz Bouteflika en surfant sur Guaino, de Borloo à Alliot-Marie, de Serge
Moati à Shimon Peres, d'Attali à Goudart, de Zapatero à Giscard, de Michel Onfray à Johnny. Elle croque vite et bien, touches rapides issues d'un an de notes sur ses carnets. du beau
travail. Du grand art.
On passe de la Place Beauveau au Capitole, de l'Algérie à Downing Steet, des loges de maquillage aux placards UMP, des plateaux de télé aux tréteaux de l'été.
On va de Charybde en Scylla(2), mais devinez qui est le monstre à la sortie ?

Sert-t-elle celui qui serait son Maître ? Je n'en crois rien. Elle a sa liberté. L'autre, le Candidat-qui-se-prépare-depuis-15-ans, lui laisse cette liberté de regarder, d'écouter, de
rendre compte à sa manière de fausse naïve des politiques. Chapeau les artistes !
http://www.republique-des-lettres.fr/10029-yasmina-reza.php

http://sarkozynews.canalblog.com/
(1) Yasmina Reza (née le 1er mai 1959 à Paris) est un écrivain et actrice française. Yasmina Reza est la fille d'un père ingénieur juif, mi-iranien, mi-russe et d’une violoniste hongroise arrivée en France pour fuir la dictature
soviétique. Elle a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre.
En 1987, elle a reçu le Molière pour la pièce de théâtre Conversations après un enterrement et à nouveau en 1995 pour « Art ».
À partir de l'automne 2006, elle a suivi
Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, afin d'écrire
un livre-enquête intitulé L'aube le soir ou la nuit sorti le 24 août 2007
inspiré par un certain "G" qui serait Dominique
Strauss-Kahn selon le Sunday Times de Londres.
Œuvres
Pièces de théâtre
Récits
-
Hammerklavier, 1997
-
Une désolation, 1999
-
Adam Haberberg, 2003
-
Nulle part, 2005
-
Dans la luge d'Arthur Schopenhauer, 2005
-
L'aube le soir ou la nuit, 2007
Scénario
-
Jusqu'à la nuit, 1983 (et actrice)
-
Le pique-nique de Lulu Kreutz, 2000
Au cinéma :
-
Que les gros salaires lèvent le doigt ! 1982 (Brève apparition en femme de chambre)
-
A demain, 1991
-
Loin, 2001
Au théâtre :
-
Trois versions de la vie, mise en scène de Patrice Kerbrat, Théâtre Antoine 2001 (rôle d'Ines)
-
Dans la luge d'Arthur Schopenhauer, mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia, Théâtre Ouvert 2006 (rôle de Nadine)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Reza
(2) Charybde et Scylla sont deux monstres de la mythologie grecque, dont la légende est à l'origine de l'expression "voguer de Charybde en Scylla", qui signifie "éviter un péril pour tomber sur un
autre".
D'après la mythologie grecque, Charybde était la fille de Poséidon et de Gaïa. Elle
était perpétuellement affamée. Lorsqu'elle dévora le bétail d'Héraclès, Zeus la punit en l'envoyant au fond d'un détroit. Elle se mit à avaler la mer et les bateaux trois fois par jour.
Or, non loin de là vivait Scylla. À l'origine, Scylla était une nymphe dont Glaucos était follement amoureux. Celui-ci alla demander à la magicienne Circé un philtre d'amour, mais celle ci était amoureuse de Glaucos et jalouse de Scylla, et
profita de l'occasion pour la changer en un monstre terrifiant, ayant douze moignons pour pieds et six têtes emmanchées de longs cous.
Ainsi, un marin qui réussissait à échapper à l'un des monstres risquait fort de tomber dans la gueule de l'autre. Charybde et Scylla symbolisent respectivement les marées et
les récifs du détroit.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charybde_et_Scylla


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