Jasmine, la Chine
et la Liberté
J'ai une fille chinoise, Jasmine. Enfin, Jasmine, c'est son prénom pour nous, les européens, les occidentaux. Ce n'est pas ma fille biologique, mais elle dit que je suis
son "papa français". Donc j'assume. On s'écrit, via Internet. Elle a voulu aller sur le BenBlog, pour entretenir son français débutant, et pour lire un poême (
http://www.alaingourion.com/article-5643584.html) qui lui est dédié, et qui est une chanson aussi :
Jasmine
La Chine
Emoi
Et moi
Jasmine
Gamine
Patine
Papa
Jasmine
Benigne
Arrime
Toi
Jasmine
Ta mine
Je rime
A toi
Jasmine
Mimine
Câline
Moi
Jasmine
Beggine
Bouge
Là-bas
Jasmine
Mutine
Sus
A la loi
Jasmine
Clarine
Hymne
A la joie
Elle n'a pas pu arriver depuis chez elle sur le BenBlog. Pourquoi ?
Elle m'écrit :
" I think is coz the china government banned access from here, which is a shame.
Any other way please ???? as I am eager to read it ! "
Vous avez des idées ? Comment peut-on aider de jeunes chinois à aller sur la Toile ? Quels sites restent accessibles, en angliais, chinois ou français ?
Pékin permets à ses ressortissants de voyager, d'étudier à l'étranger. Mais il boucle Internet à l'approche des Jeux Olympiques !
Voici déjà quelques articles. Faites circuler !
Ben.
La toile chinoise de plus en plus impénétrable
le 27/3/2008 à 21h09 par Mathilde Bonnassieux (Aujourd'hui la
Chine)
"Connexion réinitialisée". Tel est le message d'erreur qui barrait ce 27 mars bon
nombre d'écrans d'ordinateurs localisés sur le sol chinois. Un désagrément aisément compréhensible au regard de l'actualité du jour marquée par l'interruption du voyage de presse organisé à
Lhassa par les moines tibétains.
Naviguer sur le web en Chine n'a jamais été dénué de difficulté. La censure chinoise
est connue pour veiller sévèrement sur internet, censurant les sites au contenu subversif. Mais depuis le début des agitations au Tibet, cette surveillance a pris un nouveau tour, avec la censure
de nouveaux sites comme ceux du Guardian ou du Times.
Il n'empêche, ce 27 mars, la situation a atteint son apogée. Impossible d'accéder à la
plupart des dépêches faisant état de l'intrusion inopportune des moines dans le voyage organisé des journalistes étrangers à Lhassa. Sur Google News notamment, les internautes devaient se
contenter du titre de la dépêche AP sans pouvoir en lire le contenu. Même chose pour la plupart des sites relatant le contenu des derniers événements, y compris aujourdhuilachine.com dont
l'accès s'est vu bloqué dans la journée. Et quand par chance l'article était soudain accessible, ce n'était plus le cas deux minutes après. Sans compter la lenteur de la connexion qui s'explique
en partie par la saturation des réseaux mais aussi par le délai nécessaire aux agents de la censure pour surveiller les pages consultées par chaque utilisateur.
Bref, la situation avait de quoi faire s'arracher les cheveux à bon nombre de
journalistes. "C'est le cas pour tous les journalistes. On a eu beaucoup d'échos de correspondants qui n'arrivaient pas à accéder au site d'information, " témoigne Jocelyn Ford,
free-lance à Pékin et présidente du comité pour la liberté des médias au sein du Club des correspondants étrangers.
En attendant, pour bon nombre d'entre eux, cette situation n'est qu'un avant-goût de ce
qui se prépare. D'ici août, il est fort à parier qu'accéder aux informations sur Internet depuis la Chine relèvera de plus en plus du parcours du combattant.
http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-la-toile-chinoise-de-plus-en-plus-impenetrable-6257.asp?1=1
L'agence Chine Nouvelle exige plus de répression sur Internet
le 29/2/2008 à 1h53 par AFP
L'emballement suscité par deux récentes affaires de photos sur Internet a montré l'impuissance des autorités à contrôler la toile chinoise. Prétexte à un renforcement de la loi ? L'agence Xinhua
vote pour.
Le site en anglais de Xinhua
Qui n'a pas entendu parlé du scandale Edison Chen, cet acteur dont les photos pornographiques en compagnie de stars hongkongaises inondent le web chinois? En décembre dernier déjà, c'est la photo
truquée d'un tigre prise dans le Sud de la Chine qui avait mis le feu à la toile.
Deux affaires totalement différentes mais révélatrices d'un même phénomène : la puissance d'Internet et sa force d'emballement incontrôlable. Car dans un cas comme dans l'autre, les autorités de
censure chinoises ont été incapables de couper court au scandale.
Ce phénomène n'est pas sans inquiéter les tenants de l'ordre établi. La preuve avec cet article de l'agence de presse officielle chinoise Xinhua, daté du 27 février :
" Des fausses photos d'un animal en réalité disparu aux vraies images exposant la vie sexuelle de plusieurs célébrités hongkongaises, les usagers d'Internet ont prouvé qu'ils n'étaient pas moins
puissants que les plus gros diffuseurs mondiaux d'information pour attirer l'attention du public.
L'arrivée d'Internet a permis aux individus de s'exprimer tout haut et d'être entendus, et parfois de rendre leurs scandales célèbres aux yeux de tous. Cette transformation met au défi la capacité
du gouvernement à contrôler Internet mais aussi à gérer les crises."
Et de finir sur cette conclusion sans appel :
" La régulation d'Internet en Chine a été assez stricte jusqu'à présent. Pourtant l'incident récent des photos obscènes montre que la législation est encore insuffisante pour empêcher la
pornographie d'envahir Internet, et que les moyens pour faire appliquer la loi sont trop limités pour punir les personnes incitant les autres à bafouer la loi, ainsi que les tricheurs et les
calomniateurs qui utilisent Internet comme leur outil".
A bon entendeur ...
http://www.aujourdhuilachine.com/home.asp
Défendre la liberté de la presse plutôt que le boycott des JO
Par RIGAS ARVANITIS | Sociologue | 26/03/2008 | 15H48
A l'occasion de l'interruption de la cérémonie olympique à Olympie pour protester contre la répression au Tibet, il me semble que nous devons insister sur la
défense de liberté de mouvement pour les journalistes en Chine plus que sur le boycottage (illusoire) des Jeux Olympiques.
Je ne suis pas journaliste. Je ne travaille donc pas dans l'urgence de l'événement. Mais celui qui vient d’éclater, grâce à Robert Ménard de Reporters sans
frontières (RSF), me semble souligner une urgence, celle de la liberté de la presse.
En effet, à Olympie, nous avons assisté à deux événements. Tout d’abord, l'interruption de la cérémonie par les militants de RSF qui ont tenté de développer une
bannière et ont voulu interrompre le discours du représentant du Parti communiste chinois qui recevait la flamme de la Grèce.
Mais le deuxième événement est que cette perturbation de la cérémonie par Robert Ménard n'a pas été transmise en Chine car il ne s'agissait pas d'un direct mais
d'un direct retransmis avec quelques minutes de retard. De sorte que les censeurs chinois peuvent interrompre la transmission. C'est du faux direct.
A Canton, où je me rends régulièrement pour mon travail, les chaînes de télé hongkongaises sont retransmises en permanence avec un décalage de quelques minutes.
Quand les infos télévisées passent une info sur "le continent", elle est généralement censurée de la même manière, en montrant un plan fixe ou une pub le temps de la transmission de l'info
censurée.
Ce qui fait peur aux dirigeants chinois ce n’est pas RSF ou les perturbations: c’est l’information sur ces sujets. La question de fond est bien celle-ci: que les
démocraties occidentales exigent de la Chine des garanties pour leurs journalistes. Que les journalistes occidentaux puissent se déplacer librement en Chine. Plutôt que de crier au boycottage, il
serait important d'exiger la liberté d’information.
Je vois avec plaisir ne pas être le seul à défendre ce point de vue. Par exemple Robert Maggiori dans l'émission "Ce soir (ou jamais)" sur France 3.
Le débat sur le boycottage ferait bien de devenir un débat sur la nécessité absolue de la liberté de parole des journalistes: que des témoins nombreux peuplent les
tribunes de JO et les alentours des jeux. Cela me semble être la seule exigence valable que nous pouvons avoir face aux dirigeants chinois. Quel dirigeant européen serait-il prêt à défendre la
liberté de parole de "nos" journaux?
Jean-Philippe Béja, spécialiste de la vie politique chinoise et très bon connaisseur des us et coutume de la Chine, répète à qui veut bien l'entendre que les
chinois admirent ceux qui se tiennent debout. Je ne peux que l'approuver. Pour se tenir debout il faut aussi demander à se tenir informé. En ne disant rien sur la censure et la répression en
Chine, nous devenons complices de la censure et de la répression et de plus nous tombons dans l'estime des dirigeants chinois et devenons complices de leurs élucubrations politiques qui ne
servent qu'à justifier l'injustifiable.
http://www.rue89.com/jo-de-pekin/defendre-la-liberte-de-la-presse-plutot-que-le-boycott-des-jo
La Chine va bloquer les sites « illégaux » proposant des informations géographiques en ligne
le 1/4/2008 à 11h52 par Thierry Michel ( Aujourd'hui la Chine)
Le gouvernement chinois va fermer des sites internet proposant des cartes et d'autres informations géographiques qui pourraient « menacer la sécurité nationale ».
La surveillance d'internet en Chine continue. Cette fois-ci, les autorités chinoises ont annoncées qu'elles allaient augmenter les mesures de contrôles contre les sites internet qui publieraient
des informations géographiques « illégales ».
Selon le China Daily, cette mesure pourrait concerner près de de 10 000 sites fournissant des cartes et des informations géographiques. Les autorités menacent de fermer les sites qui publieraient
des cartes n'ayant pas été approuvées par le gouvernement. Une hotline permettant aux Chinois de dénoncer des sites internet a même été ouverte.
Ces mesures devraient cibler aussi bien les sites qui « publient des informations sensibles ou confidentielles qui pourraient menacer la sécurité de l'État » que ceux qui « font des erreurs, comme
étiqueter Taiwan comme un pays séparé de la Chine ou se tromper dans les frontières chinoises ».
L'année dernière, la Chine avait déjà annoncé que les entreprises étrangères qui chercheraient à collecter des données géographiques concernant le pays devaient demander une autorisation préalable
au gouvernement, et accepter une supervision, sous peine de mesures de rétorsion.
http://www.aujourdhuilachine.com/home.asp
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