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Samedi 30 décembre 2006

 Les Interviews josé bové

La biographie de José Bové

Imaginaires :josé bové

Jean de Ben José Bové

 

 

 

 

 

 

 

 

(propos receuillis par José Bové)

 

- José Bové : Camarade Ben Lafontaine, quelle est ta position sur les travailleurs de la terre ?

 

- Ben Lafontaine :


          Travaillez, prenez de la peine ;

          C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût.
Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer, avant sa mort,
Que le travail est un trésor.
- José Bové :  D'accord, on connait, mais la RTT ?
 
- Ben Lafontaine :

Rien ne sert de courir, il faut partir à point :
Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.

« Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
Sitôt que moi ce but. ─ Sitôt ? êtes vous sage ?
     Repartit l’animal léger.
     Ma commère, il vous faut purger
     Avec quatre grains d’ellébore.
     ─ Sage ou non, je parie encore. »
     Ainsi fut fait ; et de tous deux
     On mit près du but les enjeux.
     Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire,
     Ni de quel juge l’on convint.
Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;
J’entends de ceux qu’il fait lorsque, prêt d’être atteint,
Il s’éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
     Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
          Pour dormir, et pour écouter
     D’où vient le vent, il laisse la tortue
          Aller son train de sénateur.
          Elle part, elle s’évertue ;
          Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
          Tient la gageure à peu de gloire,
          Croit qu’il y va de son honneur
     De partir tard. Il broute, il se repose ;
          Il s’amuse à toute autre chose
     Qu’à la gageure. À la fin quand il vit
Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit
Furent vains : la tortue arriva la première.

« Eh bien, lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
          De quoi vous sert votre vitesse ?
          Moi l’emporter ! et que serait-ce
          Si vous portiez une maison ? »
 
- José Bové : Tu réponds pas du tout à ma question ! Tu parles de Sarko, là...
 
- Ben Lafontaine :
                                                                      
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant: « Regardez bien, ma sœur;
Est-ce assez ? dites-moi : n’y suis-je point encore ?
Nenni - M’y voici donc ? - Point du tout. M’y voilà ?
— Vous n’en approchez point. » La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
 
 
- José Bové : Tu parles pour moi ? Et les Mac Do, t'y étais ? Tu sais que je cause l' anglais aussi ?
 
 
- Ben Lafontaine :
 
A city rat, one night,
Did, with a civil stoop,
A country rat invite
To end a turtle soup.
Upon a Turkey carpet
They found the table spread,
And sure I need not harp it
How well the fellows fed.
The entertainment was
A truly noble one;
But some unlucky cause
Disturb'd it when begun.
It was a slight rat-tat,
That put their joys to rout;
Out ran the city rat;

His guest, too, scamper'd out.
Our rats but fairly quit,
The fearful knocking ceased.
'Return we,' cried the cit,
To finish there our feast.
'No,' said the rustic rat;
'To-morrow dine with me.
I'm not offended at
Your feast so grand and free,--
'For I've no fare resembling;
But then I eat at leisure,
And would not swap, for pleasure
So mix'd with fear and trembling.
 
 
- José Bové : Putain, j'y comprends rien ! T'as pas un traducteur automatique, tu sais,  tu vas sur l'internette...
 
 
- Ben Lafontaine :
 
Autrefois le Rat de ville
Invita le Rat des champs, Il faut tuer José Bové
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'Ortolans.
Sur un Tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin ;
Mais quelqu'un troubla la fête le corbeau de la fable
Pendant qu'ils étaient en train.
A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit :
Le Rat de ville détale ;
Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne aussitôt ;
Et le citadin de dire :
Achevons tout notre rôt.
- C'est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi :
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de Roi ;
Mais rien ne vient m'interrompre :
Je mange tout à loisir.
Adieu donc ; fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre.
 

- José Bové : So long, Ben Laf, ouais t'as raison, vas, je retourne à mes chèvres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***
  portrait de Jean de La Fontaine
morales ou vers célèbres des fables

Lafontaine,

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